De quoi la fraise est-elle le nom ?

Lorsque l’on mange une fraise, il est rare que l’on se pose la question du comment elle est arrivé là, dans votre assiette, puis dans votre bouche. Et c’est assez logique, pris que nous sommes par ce goût si particulier et cette saveur souvent attendue.

Alors, nous allons essayé de vous expliquer comment cette fraise arrive jusqu’à vous, tout ce que ça implique comme travail en amont pour notre culture en pleine terre, à l’extérieur.

Tout commence en fait en fin de saison, soit la fin de l’été ou le début de l’automne de l’année précédente. À ce moment-là, nous faisons un tour rapide de nos plantations pour enlever les derniers fruits. Certains seront consommés, d’autres serviront de compost de surface à proximité. Il faut ensuite couper et enlever les grosses feuilles et celles qui sont abîmées afin de laisser respirer les plants. Nous pouvons rajouter, pour l’hiver, des aiguilles de pins, voire un complément de fumier à proximité (pas au contact). Une fois ceci fait, nous devrons tout de même surveiller que des fleurs ne reviennent pas, car étant en région océanique, nous avons aussi ce problème. Il est inutile pour la plante de se fatiguer a essayé de refaire des fruits en automne, il n’arriverait pas à maturité avant l’hiver.

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Charlotte avant « nettoyage »: Novembre 2017
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Gariguette avant « nettoyage » de printemps

L’hiver passe, puis le printemps revient, et les affaires sérieuses reprennent. L’hiver a été passé en surveillance, surtout en cas de grands froids (ce qui est rare chez nous, extrêmement rare). L’avantage du pied de fraises, c’est qu’il n’est pas sensible au froid, dans une certaine limite de température et de durée de ce froid. Encore une fois, ceci est tellement rare chez nous que nous n’y faisons que très peu attention. Les pieds sont donc à l’air libre tout l’hiver. Le peu de froid qu’ils recevront les aidera ainsi à former de beaux cœurs, promesses que jolis et bons fruits à la saison prochaine.

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Gariguette « nettoyées »: Mars 2018
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De plus près, l’essentiel est là

 

Le printemps est donc là, les affaires sérieuses recommencent. Comme nous n’utilisons pas de couverture plastique ou autre du même genre, l’affaire commence par du désherbage, car le plant n’aime pas la concurrence immédiate. Nous passons donc tous les bacs, tous les emplacements de pieds de fraises en revue afin de désherber près des plants, et ensuite il faut faire le « nettoyage », c’est à dire enlever toutes les feuilles mortes ou abîmées, enlever les feuilles qui tombent vers le sol et ensuite celles en trop afin de laisser le cœur se développer. C’est comme si nous concentrions l’énergie du plant vers son cœur.

Nous parlons ici de plusieurs milliers de plants, de 11 variétés différentes. Autant dire que ça prend du temps, sachant que nous n’effectuons pas d’arrachage en masse en fin de saison pour tout replanter en début de saison, avec tracteur, couverture plastique du sol, sous serre, avec arrosage intégré, voire même en hors-sol complet. Tout est fait à la main, avec quelques outils style sécateur, croc pour assouplir un peu le sol, et biobêche s’il faut déplacer des plants.

C’est grand travaux de préparation ont commencé dès le 1er Mars 2018, et ils sont toujours en cours, car en parallèle nous préparons les espaces pour les légumes, effectuons des semis et des repiquages de plants.

Pour l’instant, 7 variétés ont été « nettoyées » de cette façon, il en reste donc encore à faire, et ce ne sont pas les moins nombreuses.

Afin d’avoir des récoltes étalées dans le temps en saison, il y a aussi la priorité donnée aux non-remontantes. Pour les fraises, comme pour les framboises par exemple, il y a des variétés remontantes (2 récoltes dans la saison: début d’été et fin d’été-automne) et les non-remontantes (1 récolte assez longue, environ 6 semaines).

Nous allons donc préparer en priorité les non-remontantes pour leur permettre de fructifier dans les temps, et ainsi profiter de l’humidité de début de printemps, ainsi que de son ensoleillement plus important. Viendront ensuite les non-remontantes que nous allons « nettoyé » aussi mais à qui nous allons aussi couper les fleurs, afin de retarder la fructification et de faire forcir un peu plus le plant. Pour les fraises, si le temps le permet, nous pouvons alors avoir 2, voire 3 récoltes en une saison, si le temps est de la partie. Nous tablons sur 2, nous sommes ainsi à peu près sûr de notre coup, même si les conditions météorologiques ne sont pas merveilleuses.

Maintenant que les plants ont été « nettoyés », il faut faire très attention pour les non-remontantes, car si le plant ne souffre pas du gel, les fleurs, elles, ne le supportent pas. Un coup de gel surprise, sur une variété, en 2016, nous a fait perdre les 2/3 de la récolte. Depuis, nous nous sommes équipés en voile (pas besoin de plus que nos latitudes) afin de protéger du gel nos fleurs en cas de températures négatives. Il en sera ainsi jusqu’aux Saints de glace, une surveillance constante de la météo est de rigueur, chaque jour afin de ne pas se laisser surprendre.

Une de nos variétés, la Gariguette, peut entrer en production dès début Mai, les Saints de glace ne sont pas passés, il nous faut faire avec et protéger le cas échéant, tout en commençant les récoltes qui peuvent durer 6 semaines.

L’avantage de la faire non-remontante, c’est une production importante et concentré dans le temps en général. L’inconvénient est aussi que cette production soit concentrée dans le temps, car il tombe en même temps que les repiquages extérieurs pour les tomates, piments/poivrons, aubergine et d’autres encore. Dans ce laps de temps, notre temps de travail quotidien passe à 12 ou 14 heures, ce qui est très éprouvant physiquement et aussi gratifiant car nous avons rempli la première partie de la saison, nous avons fait ce qu’il fallait depuis l’an dernier.

Vient ensuite la communication sur le fait que la récolte a commencé, que des fraises sont à la vente, et ensuite les clients qui viennent à nous ou nous qui allons à eux.

Mais ça ne s’arrête pas là, car nous entrons alors dans les fraises de pleine saison (les Matis par exemple) et dans le cycle des remontantes qui vont donner des fruits jusqu’à l’automne (et certaines fois jusqu’aux premières gelées). Dans ce laps de temps, il faut continuer les « nettoyages » sur les plants, afin d’éviter le pourrissement des fruits par exemple, et permettre aux plants d’être en bonne santé pour faire de beaux fruits. Et ceci ne concerne que les fraises, car à côté, nous avons d’autres fruits, des légumes et bien d’autres préparations pour l’automne en semis, plants et boutures.

En fin de saison de la fraise, nous recommençons comme expliqué au début de cet article, afin de préparer la saison suivante.

 

Nous voulions que vous sachiez ce que ça veut dire nous acheter des fraises, ce que ça implique comme travail réel, expliquant ainsi son « coût » et donc son « prix ».

 

À celles et ceux qui penserait que ‘laisser faire la nature » suffit, je vous invite à le faire et à me dire ce que ça donne. Sans être devin, dans la nature, les fraises que nous mangeons n’existent pas, elles sont toutes (à 2 exceptions près) des créations de l’humain, elles ne sont donc absolument pas conçues pour se débrouiller seules. En laissant faire, vous obtiendrez peut-être quelques fraises mais pas plus. Les fraises, c’est du soin, toute l’année, pour avoir des beaux fruits en quantité raisonnable.

En moyenne, à ce rythme, nos plants meurent entre 3 et 5 ans, ça dépend essentiellement de l’emplacement, de la météo (chaleur, sécheresse, humidité) mais aussi de la variété. En général, un plant est « mature » vers 2 ans, il entre donc en pleine production, et vous avez 2, peut-être 3, ans de pleine production, l’instant où ce plant vous donnera le plus de fruits. Ensuite il déclinera en donnant moins de fruits (malgré les soins apportés) pour finalement laisser sa place à la génération suivante.

 

Les plants de fraises que nous avons ont été en premier lieu achetés, puis nous les multiplions par stolons. Un stolons c’est une sorte de liane qui sort du plants afin de créer un ou plusieurs nouveaux plants par marcottage. Un stolon peut créer plusieurs nouveaux plants, un plant de fraise peut sortir plusieurs stolons. Certaines variétés sont très prolixes en stolon (la fraise Ananas par exemple). Le stolon aime le sec, ça lui permet un meilleur enracinement. C’est assez paradoxal. Une fois les racines sorties, la stolon peut être coupé du plant d’origine afin de récupérer le nouveau plant. Nous ne faisons pas de semis pour obtenir des nouveaux plants, cette technique est contraignante et sans aucune garantie de succès au final. Nous avons déjà essayé sans succès, aucun plant à l’arrivée. La méthode par stolon nous donne satisfaction et nous donne des plants sains aisément et rapidement.

 

Voilà, vous savez presque tout, il n’y a plus qu’à attendre l’arrivée des premiers fruits, début Mai si tout se passe normalement.

Comme toujours, si vous avez des remarques, des question, ou autre chose à dire sur ce sujet, vous pouvez commenter cet article ici, ou bien sur la page facebook Les Permafraises (en dessous de la publication).

 

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Quelle place laisser à la nature – Pourquoi & Comment ? – Jardiner Futé

Il y a 2 mois à peu près, j’avais écrit un article portant sur la place de la nature dans les pratiques des Permafraises. Je n’étais pas le seul, 16 autres en ont fait autant, et le blog Jardiner Futé les a regroupé au sein d’un seul et unique article ainsi que dans un fichier PDF à télécharger.

Vous n’avez lus qu’à suivre ce lien afin de tous les découvrir…

 

Cliquez-ici pour découvrir les astuces de 17 blogueurs sur comment laisser de la place à la nature, que que ce soit au jardin ou dans votre vie personnelle !

Source : Quelle place laisser à la nature – Pourquoi & Comment ? – Jardiner Futé

L’importance des aromatiques et médicinales aux Permafraises

Lorsque l’on part d’une « feuille » vierge, donc d’un terrain qui tient plus de la prairie au sol tassé, il est possible de faire en sorte d’avoir les plantes que l’on veut. Mais dans ce choix de plantes, les aromatiques, officinales et médicinales nous ont paru dès le départ essentiel au bon développement de la biodiversité.

Il ne s’agit pas ici de faire l’éloge de plantes « exotiques », nous restons dans des choses assez traditionnelles, qui rendent d’énormes services au final, tant pour et dans le sol, que pour les insectes en dehors, et pour nous en usage en cuisine par exemple.

Lorsque nous avons commencé, après 3 ans de mulch, à travailler la première parcelle du terrain, nous y avons implanté en premier lieu un romarin et 2 lavandins. Nous devons avoir aujourd’hui environ une centaine de plants, entre lavandes/lavandins, romarins, armoises, sauges, arbre à curry, thyms ,hysopes, mélisse, agastaches pour les pérennes, ainsi que bon nombre d’aromatiques annuelles comme le basilic.

Nous nous sommes rendus compte qu’au fur et à mesure où nous agrandissions les zones cultivées, lorsque nous plantions les aromatiques pérennes, il y avait une amélioration avec ce que nous cultivions, que ce soit de l’annuel (tomate par exemple) ou du pérenne (fraises par exemple). Cette amélioration tient sur plusieurs points, qui s’ajoutent souvent pour la plupart:

  • Les racines de nos aromatiques contribuent à l’amélioration du sol par décompactage,
  • Les racines des aromatiques vont aussi faire office de purification du sol, comme si vous aviez quelque chose qui contribue à un bon état sanitaire de votre sol,
  • Les racines permettent aussi à la vie souterraine, les vers de terre par exemple, mais pas que, de s’installer durablement,
  • Les aromatiques font souvent des fleurs, par forcément au même moment de l’année, permettant ainsi d’attirer une faune de pollinisateurs sauvages nombreuse et variée,
  • Les aromatiques diffusent dans l’air des parfums très agréables, ce qui n’est pas à négliger lorsque l’on travaille à proximité,
  • Les aromatiques permettent de créer de petits espaces avec de l’ombre tout en étant assez bas,
  • Les aromatiques fournissent aussi, après la taille les futures boutures pour de nouveaux plants mais aussi, s’il n’est point besoin de bouturer, de la matière végétale que nous broyons pour l’utiliser partout sur le terrain (la sauge officinale est parfaite pour ce genre de chose).

Voici pourquoi nous avons implanté sur tout le terrain, de nombreuses aromatiques, souvent en pérenne et vivace, afin d’obtenir tout ces bienfaits partout.

Vous avez les avantages, il y a aussi un inconvénient (au moins) et c’est l’espace. Ce que nous faisons, nous le faisons ainsi car nous avons de l’espace (2700m²). Une fois implanté, certaines sauges, par exemple, font presque 2m de diamètre et en fleur, elle peuvent monter assez haut, un bon 80cm voire plus. Certains de nos romarins officinaux font 1m20 de haut et un bon 80cm de diamètre. Les lavandins quand à eux prennent aussi beaucoup d’espace. Ces espaces seront perdus quoiqu’il arrive pour cultiver autre chose.

Le pérenne a un avantage c’est qu’une fois bien installé, il peut rester de nombreuses années, certains de nos lavandins auront 8 ans cette année. Il suffit d’un minimum d’entretien, de ne pas les raser au sol comme on peut voir parfois, et ils seront vos compagnons pendant de très nombreuses années.

Il existe un nombre important d’aromatiques et de médicinales, je vous conseille de vous renseigner au plus proche pour savoir ce qui s’installe bien chez vous, et ensuite d’agrandir vos espèces au fur et à mesure. Pas trop d’exotisme, pas au départ tout du moins, et vous devriez pouvoir les garder en votre compagnie de nombreuses années.

Voici ce que vous pouvez obtenir, en quelques photos, avec des aromatiques au jardin.

 

J’allais oublier, la dernière chose qui fait que l’on installe des aromatiques dans un jardin, c’est que c’est beau. Et ça, c’est déjà beaucoup.

Si vous aussi vous avez des aromatiques, ou si vous n’avez pas, si vous souhaitez en planter, n’hésitez pas à commenter, à laisser un message, ici ou sur la page Facebook, avec ou sans photo, pour demander conseil. Si nous savons ou pouvons vous renseigner, et même nous-aussi apprendre quelque chose, ce sera une bonne chose.

Comment ça se passe en pratique

Dans cet article, nous allons essayer de livrer un part de notre expérience sur 10 années de travail (plus ou moins important) sur notre terrain afin d’expliquer comment nous en arrivons au résultat actuel, à savoir l’embryon d’un jardin vivant tendant vers ce que certains nomment un jardin-forêt.

Il nous aura fallu être patient avant d’atteindre le premier but fixé, refaire vivre un terrain afin d’avoir un espace vivant, que ce soit le sol ou les plantes/arbustes/arbres.

Lorsque vous partez d’un environnement « hostile » et sauvage quasi-nu, vous vous posez des questions, vous vous demandez quoi faire. Lorsqu’en plein été, vous voyez apparaître des fissures dans votre sol, vous vous posez des questions. Et lorsque vous voyez que la végétation ne dépasse pas les 20cm de haut, vous vous posez des questions. Et à toutes ces questions, vous devez trouver des réponses, si imparfaites soit-elles.

Le manque de temps venant se greffer sur toutes ces questions, vous optez pour quelque chose de simple, une tondeuse large diamètre (pour nous 53cm) avec une fonction mulching, ceci permettant de ne pas passer une journée entière à tondre et en plus que l’herbe tondue reparte directement d’où elle vient, du sol. Pendant 3 ans, nous avons fait ainsi avant d’avoir des graminées de près de 2m de haut, ce qui nous a changé des 20cm 3 ans plus tôt.

Ceci acquis, nous avons pu envisager d’aménager une zone d’environ 200m² qui allait constituer notre premier potager, les notions de permaculture, jardin vivant ou agroécologie étant alors bien loin de nous. Nous avons seulement associé certaines cultures. Tout ceci commence alors à l’automne 2010, avec un vieux croc, une pelle, un râteau et un louchet. Tout l’automne pour scalper la zone, afin de séparer la terre des herbes et de leurs racines, de constituer ensuite des andains, et finalement de couvrir le tout avec les herbes hautes et de la tonte, tandis que les passe-pieds étaient eux recouvert de tailles de thuyas. Personne n’est parfait, nous avons fait avec ce que nous avions, il ne s’agit pas là de donner un conseil, juste d’expliquer ce que nous avons fait.

Dès le printemps qui a suivi, nous avons commencé les cultures sur cet espace d’environ 200m², des tomates, des courgettes, des carottes, de l’ail, de l’oignon, avec quelques aromatiques (lavandin, romarin, arbre à curry, etc…). Dans le courant de l’été, nous avons commencé à constituer la seconde zone, passant ainsi de 200m² à environ 500m², une zone jouxtant la précédente. Même travail, on scalpe, on creuse un petit peu, on fait des andains, et on couvre si possible au fur et à mesure. À l’automne 2011/Printemps 2012, nous avons 500m² disponible pour continuer nos cultures, avec des courges, des fraises, des framboises, des sauges, des aromatiques implantés partout, sur quasiment chaque andain. Nous décidons aussi d’acheter quelques arbres fruitiers (pommes, poires et prunes: 6 au total) afin d’entourer un peu cette zone de culture.

Sans entrer totalement dans tous les détails, a ensuite succédé l’achat de 2 serres de 18m², dont une ne servira que de support à des plantes grimpantes (sans la bâche) et l’autre sera mise en culture, puis ré-aménagée à l’intérieur avec des bacs pour tenir la terre. Une 3ème serre de 30m² viendra compléter cet aménagement et enfin la serre faite maison en forme de toile de tente.

En 2014, la question se pose de savoir ce vers quoi nous voulons tendre, ce que nous voulons faire sur ce terrain. Nous avons désormais Internet, nous cherchons, lisons, surfons, visionnons, analysons, et nous arrivons à plusieurs conclusions. Nous voulons un espace de vie, autant pour nous que pour la faune et la flore sauvage. Nous voulons essayer de créer un espace abondant tout en ne le déséquilibrant pas, ce qui n’est pas une mince affaire. Nous devons alors faire des choix pour structurer notre projet mais aussi des choix financiers.

À ce moment là, le choix est presque simple, même si la décision l’est moins. Soit nous faisons tout nous-mêmes, y compris les arbres fruitiers, soit nous en achetons. D’un côté, faire ces arbres fruitiers est une économie substantielle financièrement parlant mais la réussite n’est pas acquise et le temps pour arriver à des arbres matures est long. De l’autre côté, nous achetons les arbres, nous dépensons financièrement pour accélérer le temps. Nous avons opté pour l’accélération du temps par la dépense financière pour la raison du gain de temps mais aussi car nous n’avons pas d’expérience en ce qui concerne la culture et la greffe d’arbres fruitiers. Bien nous en a pris au final, en tout cas dans l’état actuel des choses.

Nous voici donc, fin 2014, avec une soixante de trous attendant les arbres fruitiers. Au final, entre ceux achetés cet automne-là et ceux issus de notre propre production, nous arrivons à environ 120 arbres fruitiers sur le terrain. D’autres viendront, essentiellement issus d’arbres à noyaux (abricotiers, pêchers, nectariniers par exemple) dans les années qui viennent. Nous avons défini des zones que nous souhaitons garder avec le plus de soleil possible, et en fonction, les arbres fruitiers ont été répartis autour de ces zones. 3 grandes zones en clairière ont donc été définies, les arbres fruitiers bordent ces zones.

Nos arbres fruitiers ne sont pas seuls, ils sont quasi systématiquement accompagnés de plantes aromatiques (lavande/lavandin, romarins, arbre à curry, armoise camphrée, sauges, etc, etc) car nous avons remarqué très tôt l’apport plus que bénéfique de ces plantes à tous les niveaux possibles: sol, pollinisateur, compagnonnage, et bien d’autres. Les couvertures suivent afin de délimiter les zones clairières, nous pourrons ensuite définir des zones de culture à l’intérieur de ces zones et aussi laisser une place au sauvage. Durant 2 ans, selon les températures, les arbres fruitiers ont reçu 10l d’eau chacun tous les 15 jours à 1 mois. L’été dernier, alors que la sécheresse était bien installée, nous n’avons pas arrosé les arbres fruitiers, seulement soulevé la terre près de ceux qui souffraient le plus, et ça a suffit. En trois ans, nous avons mangé nos premières prunes, des poires et des pommes, et un abricot chacun (nous sommes 3), ainsi qu’une bonne quinzaine de kiwi. Ça peut paraître peu, mais des gelées tardives sont venues faire du mal à la floraison et le milieu de l’été maussade (mais pas pluvieux) n’ont pas aidé. L’essentiel est que les arbres s’installent bien, qu’ils vivent et grandissent, car nous savons que nous avons encore quelques années à attendre, d’autant plus que ce sont tous des arbres de plein vent.

Dans nos zones de clairière, l’an dernier a vu la création de zone de culture, qui nous a permis d’augmenter notre production de tomates, d’aubergines et de piments/poivrons. Il a fallu un peu courir, car tout est fait avec des outils à mains, nous ne disposons pas, et ne voulons pas disposer, d’outils tels que des motoculteurs. Nous avons fini nos zones avec un peu de retard, ce qui fut préjudiciable cette année pour les courges par exemple.

Dans cet article, nous voulions montrer qu’au delà des jolis discours, des mythes et légendes sur la néo-ruralité, rien n’est simple, rien ne se fait en un claquement de doigt, tout ne fonctionne pas du premier coup, tout ne fonctionne pas toujours, et que des fois ça ne fonctionne pas du tout, et qu’il faut faire avec. Que l’on peut « accélérer » le temps dans une certaine mesure, mais pas pour tout. Que si l’on prend un chemin comme celui-ci, ce n’est pas rose tout le temps et qu’il y a des moments de découragements, et que de ces moments il faut apprendre afin d’avancer de nouveau, pour reculer peut-être mais en tout cas apprendre, même et essentiellement de ses échecs.

Pour ceux qui seraient tentés de croire que tout ceci est facile, relisez l’article une fois encore, et imaginez-vous entre patience et travail physique, tout ceci sur 10 ans de temps, en sachant pertinemment que vous en avez peut-être encore pour 10 ans à venir. Il ne s’agit pas de décourager les vocations, juste de ne pas mentir sur le sujet.

Il y a des bons moments, lorsque vous trouvez, même sans un point d’eau sur le terrain, des crapauds, une myriade de libellules, que vous croisez un hérisson qui s’enfuit aussi vite qu’il peut, que vous avez votre rouge-gorge qui vous accompagne au jardin malgré la présence de vos chats, que vous sentez cet merveilleuse odeur de romarin lorsqu’il est en fleur en début de saison alors que vous débroussailler juste à côté, que vous voyez vos arbres fruitiers sortir les fleurs les uns après les autres, au gré des températures et des espèces, que vous voyez vos tomates enfin se former et grossir. C’est ceci qui nous pousse chaque année, et les fraises sont en première place dans ce palmarès.

Il y a du bon, toujours, qui vient compenser la fatigue, les efforts, les coups de mou. L’un n’existe pas sans l’autre, et vice versa. Il faut en être conscient, l’admettre et l’accepter, sinon tout projet de ce type est voué à l’échec. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs, au risque, comme Icare, de se brûler les ailes trop tôt et de briser son « rêve » en l’empêchant alors de devenir réalité, irrémédiablement. Tout effort se paie un jour, en bien ou en mal, quoiqu’il arrive.

Tendre vers une forme d’autonomie alimentaire est une chose, mais pour nous, ce projet est un projet d’ouverture aux autres, d’échanges de mots mais aussi de matériels, que ce soit des outils, des graines, des plants. Et comme il faut bien vivre, une partie de cet échange se fait en argent.

Nous rejetons par contre toute dimension mystique, ésotérique ou autres, car pour nous ça n’a pas lieu d’être. Nous ne sommes pas à la recherche d’un gourou et ne souhaitons pas en devenir. Nous ne pensons pas en ces termes ce que nous faisons.

Un jour, quelqu’un nous a dit que notre terrain est rempli de poésie, je crois que cette définition est sans doute la meilleure que nous ayons pour définir ce que nous faisons. La poésie est faite pour tout le monde, elle est faite pour être partagée, et elle est vivante.

Je ne sais pas si vous en tirerez quelque chose, si cet article vous parlera ou pas, mais la nouvelle année qui commence implique aussi certaines clarifications sur beaucoup de choses, avec moins de photos, plus de mots, afin que vous nous compreniez, dans ce que nous faisons, comment nous le faisons et dans quel but.

Je ne peux que vous encouragez, vous qui avez ce type de projet, à bien réfléchir, à bien vous poser avant de vous lancer, de laisser les chimères et autres contes joyeux de côté, à bannir toute mystique idéalisée du monde rural (qu’il soit néo ou pas), car vous entrez dans un monde qui ne fait pas de cadeaux, qui est rigoureux et sérieux. De la sueur et des larmes en quelque sorte, mais pour faire jaillir de la vie.

Je vous encourage à commenter si vous le désirez, nous ne détenons aucune vérité absolue, juste un peu de la nôtre, ni plus, ni moins, et nous sommes toujours curieux de retour d’expérience d’autres personnes.

Que la nouvelle année soit bien verte et nous serons contents, avec de la couleur bien sucrée pour assaisonner.

Le blog en 2017

Voici donc une année qui se termine, et donc vient l’heure du bilan des visites sur le blog des Permafraises.

Comme une image vaut mieux que tous les discours, voici donc ce que ça donne:

Stats 2017 Permafraises

Donc c’est une bonne année sur le site, avec un article qui vous a particulièrement attiré, celui consacré à l’évolution du terrain depuis 2007.

Merci à tous de nous suivre, et à très bientôt pour 2018.

Bonne et heureuse année 2018 à tous.

La place que j’accorde à la nature dans la pratique des Permafraises

 Dans le cadre du Carnaval d’articles concernant « La place de la nature » lancé par le blog Jardiner futé (carnaval d’article), voici l’approche des Permafraises dans ce domaine. Ce carnaval d’articles de différents blogueurs permettra de vous faire connaître différentes approches sur le sujet et d’autres blogs concernant la culture des végétaux .

 

Dans les cultures traditionnelles, conventionnelles ou industrielles (cochez la case de votre choix), le sauvage n’existe pas car il n’est considéré comme allié, il n’est d’ailleurs pas considéré tout court.

Nous avons fait un choix tout autre, nous avons décidé que non seulement il avait sa place, mais qu’il pouvait nous aider. Il nous aura fallu attendre un certain nombre d’année afin de le vérifier, et ce fut le cas cette année.

Pour pouvoir cultiver, nous avons besoin d’espaces plus dégagés que d’autres, nous avons besoin de chemin et de passes-pieds afin de pouvoir accéder aux cultures. Mais notre configuration, nos choix font que nous avons des espaces qui peuvent rester à un état plus ou moins sauvages, en tout cas sans une intervention très régulière de notre part.

Pourquoi faire ainsi, et pour certains prendre ce risque de laisser le sauvage ?

C’est simplement parce que ces espaces remplissent certains rôles que nous serions obliger de pallier nous-mêmes. En fait, ces espaces laissé sauvages nous permettent de laisser son rôle à ces espaces, leurs rôles en tant que coupe-vent, de nourriture pour des prédateurs (limaces, insectes) de nos cultures et aussi comme garde-manger pour nos amis les oiseaux qui viennent réguler tout ceci.

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Sauvage à droite, cultivé à gauche

Comme ici, ou la haie sauvage permet de générer de la fraîcheur quand il fait chaud, donne un abri aux oiseaux et aux insectes, fournie des fleurs pour les pollinisateurs et permet ainsi de nous éviter nombre d’arrosage et de chasse à certains prédateurs. Cette haie fait office de brise-vent sur les vents de Sud-Ouest, assez dominant ces dernières années chez nous.

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Le sauvage presque au milieu des cultures

Nous avons ici des graminées qui permettent la vie d’insectes, dont les racines travaillent le sol, font office de brise-vent au milieu du champ. Nous avons ici aussi un ombrage qui s’installe à certaines heures de la journée, permettant ainsi d’économiser de l’eau sur les cultures proches. Nous avons même eu la joie de découvrir, ici ou ailleurs, des crapauds qui se sont installés, alors que nous n’avons pas de mare dans le champ. La seule présence du sauvage a ainsi l’avantage de permettre l’installation d’un prédateur des escargots, qui même s’ils ne sont pas très méchants, peuvent lourdement endommager une production de salades, voire décimer de jeunes plants. La régulation opère alors, et même si nous perdons quelques plants, la très grande majorité peut s’épanouir.

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Les arbres fruitiers  entre espaces sauvages et chemins constitués

Du côté des arbres fruitiers, l’espace, en début de saison du moins, est géré de la même manière, le sauvage montent, permettant à la vie de s’installer. Les couvertures du sol, au pied des arbres fruitiers jouent leur rôle bien sûr, mais le sauvage semble être un complément appréciable en début de saison, y compris pour les fraises (que l’on ne voit pas mais qui se trouvent aux pieds de ces arbres fruitiers).

La saison s’écoulant, nous sommes amenés évidemment à faucher le plus gros, qui deviendra paillis la plupart du temps ou finira broyé sous la tondeuse afin d’accélérer sa décomposition sur certains espaces cultivés, et amènera ainsi les nutriments (azote et carbone) nécessaire au bon développement de nos plants, arbustes et arbres. Et le cycle recommence ainsi jusqu’en fin de saison, et s’il pleut normalement nous pouvons avoir jusqu’à 3 cycles de ce genre sur une saison (qui chez nous peut aller de Mars à Novembre).

Un autre avantage certains que nous avons constaté, c’est le retour en masse d’oiseaux de toute sorte, signe s’il en est qu’ils ont de quoi s’installer mais aussi et surtout de manger, ce qui veut donc dire que les populations d’insectes sont en augmentation. Nous avons d’ailleurs très peu d’attaque (pour l’instant du moins) sur les fruits que nous pouvons avoir et récolter, signe sans doute que « nos » oiseaux ne meurt pas de faim.

Nous avons toujours essayé d’allier la partie cultivée et la partie sauvage de notre champ, dont la surface est petite (moins de 3000m² en tout) mais qui nous le rend bien.

 

Nous n’avons pas toutes les explications sur ces sujets, nous faisons énormément de choses « comme nous le sentons » sur le moment, nous essayons de « sentir le vent » et notre intuition fait le reste. Des fois ça marche, bien, et des fois ça ne passe pas, voire pas du tout. Nous corrigeons alors le tir. Tout ceci n’est pas une science exacte, il s’agit vraiment de réfléchir et de ressentir ce qui se passe, et ensuite de prendre une décision, et quoiqu’il arrive, de l’assumer. Et pour cela, nul guide disponible, nous faisons en fonction de la situation.

Je crois que nous sommes finalement assez éloigné du « laisser-faire » tout en en étant proche, d’une certaine manière. C’est presque une philosophie au final, impliquant une réflexion, un cap bien que tout ceci ne soit pas d’une rigidité absolue et que ça puisse être remis en cause, certaines fois d’un semaine à l’autre.

De l’art d’allier sauvage et cultivé, des fois c’est beau, des fois c’est moche, des fois ça plaît, des fois non, mais si ça fonctionne, le résultat peut presque paraître artistique.

Avant la fin de l’année…

Nous voici bientôt à la fin de l’année 2017, le blog est resté assez silencieux depuis le mois de Mai (situation du champ) et pourtant le temps a été grandement employé afin de modifier, perfectionner et produire de quoi nous nourrir et nourrir d’autres personnes.

Nos premiers objectifs concernant les arbres fruitiers semblent atteint. En effet, ceux-ci n’ont pas eu besoin d’arrosage cette année, ils ont grandit seul, voire certains ont même commencé à donner des fruits (pommes, poires, prunes, abricots). Alors nous sommes loin d’avoir une grosse production, mais nous avons constaté que cette année, malgré une sécheresse bien installée depuis l’an dernier, nos arbres ont très bien tenu le coup (à 1 ou 2 exceptions près, celle(s) qui confirment la règle).

Ensuite, nous avons augmenté de façon significative le paillage et le paillis sur certaines zones, celle des tomates par exemple, mais aussi aux pieds des arbustes et arbres fruitiers, avec pour conséquence souvent un moindre déperdition en eau par évaporation. Notre type de terre très argileuse a fait le reste en retenant très correctement l’eau, malgré des températures certains jours proches des 40°C. Le constat de la sécheresse se voit aussi dans la dégradation des couvertures car celui-ci est bien moindre que s’il avait plus normalement, à tel point que nous n’avons pas rajouté de matière sur la quasi-totalité des espaces.

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Autre constat concernant les serres, la serre Pépé (la petite serre verte) confirme qu’avec son emplacement actuel, elle reste plus « fraîche » que toutes les autres en plein été, permettant ainsi de faire certaines cultures plus facilement et sans gros écarts de température, surtout en plein été. L’Usine (la serre blanche) nous permet d’envisager sur le début de saison une bien meilleure gestion de nos semis de début de saison et de nos repiquages, grâce à l’ombre apportée par les arbres tout proches en été. Elle reste néanmoins beaucoup plus chaude que la Pépé. La grande nouveauté réside dans la Cathédrale (la serre au centre du terrain en forme de toile de tente) dont nous n’avions point de repère. Son emplacement, la terre, la bâche, l’aération, autant d’inconnues que nous maîtrisions absolument pas. Le résultat est plus que positif, car à l’intérieure nous avions des aubergines, des piments/poivrons et des tomates que nous avons commencé à consommer dès début Juin et ce jusqu’en fin Novembre. Bonne tenue de la structure (qui a survécu à Zeus en début d’année et à Yves/Anna en fin d’année), excellente aération en plein été, bonne diffusion de la chaleur et des rayons du soleil avec la bâche choisie, et excellente production sur une terre exploitée pour la première fois.

L’extérieur a quand à lui aussi bien tenu son rang, même si certaines erreurs connues dès le départ ont donner lieu à des manques cruels de production (les courges par exemple, repiquées très tard et ayant pris la vague de chaleur de début Juin juste après), les fraises ont donné correctement (les Gariguette de début de saison sont allées au-delà de nos espérances), des fruits, des légumes (tomates, salades, radis, choux, etc…), des racines (pommes de terres, topinambours) et aussi les aromatiques, tant en pérenne, vivaces ou annuels. De ce point de vue là, ce fut une bonne année.

L’année se termine, avec quelques travaux encore à réaliser, comme par exemple répartir de la terre que nous avons récupérer sur le terrain, pailler ce qui doit l’être et encre diverses autres choses. Les semis d’automne ont été effectués, comme les bulbes (ail, oignon et échalote) et ne sont pas terminés. De nouveaux bacs ont fait leur apparition, pour augmenter le nombre de pied de Gariguette par exemple, mais aussi pour des boutures ou semis, les zones de culture seront améliorées par apport de terre et ensuite par couverture (paille, foin, copeaux de bois, fumier, etc…) que nous récupérons régulièrement de nos voisins.

L’année se termine donc, mais en fait ce n’est jamais la fin, car sans arrêt le travail continue, si ce n’est sur le terrain, dans la tête, pour essayer de faire les choses correctement.

Je vous enjoins à regarder les photos (les dernières et les autres) que nous avons publié dernièrement sur la page Facebook (ici ou ), car ici, la place manque pour en ajouter beaucoup d’autres.

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Basilic vivace résistant à -15°C

Bonne fêtes de fin d’année à vous tous et rendez-vous ici l’an prochain.

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Rose blanche de Décembre…

Un petit état des lieux de la situation…

Ça fait 3 mois qu’il n’y a aucune publication sur le site.

Ces 3 mois ont été consacrés à un travail très important sur le terrain afin de pouvoir remplir notre premier objectif, à savoir la production des fraises. Si vous suivez la page Facebook, vous avez pu constater que de ce côté-là, ça démarre plutôt bien depuis le 2 Mai, et surtout depuis mi-Mai, avec une grosse production pour un lieu comme le nôtre. Nous avons actuellement, en comparaison pure, doubler la production de l’an dernier sur ce seul mois de Mai (il n’y a pas trop de mal tant l’année dernière a été catastrophique au niveau météorologique).

Mais nous avons aussi utilisé ce temps afin de mettre en culture beaucoup plus d’espaces que l’an dernier, nous avons fait beaucoup plus de semis et commencé les transplantations pour bon nombre de ces semis.

Les premiers résultats sont très encourageant pour nous, ils sont surtout visuels dans un premier temps, et ensuite ils sont aussi gustatifs.

Nos semis d’Automne ont donné ce qu’ils avaient à donner (épinards, mâche, pois, fève, par exemple) avec des récoltes précoces car sous serre froide. Nous mangeons depuis 2 mois nos fèves, pois, carottes, navets, mâches et, quelque part, nous en sommes fiers.

Mais comme tout ne se résume pas à des semis et des récoltes, pas chez nous en tout cas, nous avons voulu faire les choses bien, surtout depuis l’été dernier, un été sans eau tombant du ciel. Ils nous a fallu énormément de réflexion et de réalisations, mais nous pensons avoir enfin passer un cap.

Quel est donc ce cap ?

Ce cap, c’est le début de la création d’un écosystème, le but initial que nous nous étions fixé, c’était il y a 7 ans déjà, avant le début de l’aventure des Permafraises.

Si comme notre nom l’indique, une des sources d’inspiration est la permaculture, elle est loin d’être la seule, elles vont des expériences personnelles en passant par le jardinage naturel avec une dose d’agroécologie et d’autres influences encore, sans les côtés mystiques qui y sont souvent associés. Nous parlons à nos plantes d’accord, c’est vrai, mais de là à les déifier ou quelque chose dans le genre, non.

Cette année est donc particulière en bien des points, nous avons une récolte très précoce et qui dure encore en ce moment, nous prenant beaucoup de temps. Nous avons 2 serres supplémentaires, dont une auto-construite, qui contiennent semis et plants en pleine terre, ce qui implique une gestion de notre temps plus serrée et en ce moment des journées à rallonge.

Il ne s’agit pas de s’en plaindre, c’est juste un constat de fait.

Mais ce constat va bien au-delà, car nous pensons être au début de la création de cet écosystème, car notre terrain a aujourd’hui un fonctionnement avec une certaine autonomie. je vais prendre un exemple simple, parmi des dizaines possibles, un exemple que je vois souvent sur bien des groupes sur le potager, sur la permaculture ou autres groupes dans le même genre, les limaces. Combien se plaigne des ravages causés par ce petit être qui est pourtant essentiel dans un jardin, il est l’éboueur de la surface de nos sols (entre autre) et certaines fois, il est l’éboueur de lui-même (certaines limaces mangent d’autres limaces). En créant les conditions nécessaires à son apparition en nombre, on crée aussi les conditions de retour de ses prédateurs, mais ça prend du temps. Cette année, nous avons bien des limaces, mais les prédateurs de retour font leur travail chaque jour et chaque nuit. Résultat, pas besoin de sortir en pleine nuit avec une lampe faire « la chasse » ou bien de disposer des pièges, la régulation se fait seule, les conditions étant réunies.

La création d’un écosystème ne s’arrête pas aux limaces, mais englobe tout le vivant. Nous sommes parti d’une prairie pour arriver à ceux que vous allez voir sur les photos qui suivent. Tout ceci a demandé et demande encore un suivi, des efforts et une adaptation constante de notre part, car l’équilibre obtenu est fragile. Nous pensons être sur la bonne voie, pour l’instant ça donne l’air d’être le cas, nous verrons bien d’ici quelques semaines et mois.

Voici donc, avec de nombreuses photos, où nous en sommes cette année.

Faire vivre ensemble tout ce petit monde peut sembler aisé lorsque l’on voit ces photos, mais c’est vraiment un attention quotidienne, un soin particulier pour chaque partie du terrain, pour chaque plantes, arbres, arbustes presque.

Le bonheur d’entendre les bourdonnements et les chants des oiseaux nous donnent de l’enthousiasme mais n’enlève pas la fatigue et un certain stress.

Nous n’avons jamais eu de ravage, de maladie non repérée et non traitée naturellement (bien que très rare en fait), nos pieds de fraises vivent leur vie, jusqu’au bout, pendant quelques années. Les framboises gagnent à tel point que nous allons être obligés de les limiter dans l’espace qu’elles occupent. Les grimpants grimpent, les rampants rampent, à leurs rythmes, nous n’imposons pas grand chose, sauf lorsque nous ne pouvons plus passer du tout. Nous laissons la vie se faire et elle nous le rend bien, surtout en ce moment, avec la meilleure récolte de fraises que nous ayons eu jusqu’à présent. Et les framboises vont arriver, et elles aussi sont très prometteuses. À moyen terme, nous aurons aussi des fruits, les poires et les pommes s’annoncent bien pour cette année, mais aussi quelques abricots (les premiers), des coings, des prunes, des nectarines, des pêches, des amandes, des noix, en complément des mures et bien sûr d’autres fraises tout au long de l’été et d’une partie de l’automne.

Pour nous, c’est ainsi que devrait être l’agriculture de demain. Alors nous essayons…

J’espère que vous aurez compris pourquoi nous préférons que les gens viennent à nous, car nos fraises sont indissociables de ce terrain, et que nous voulons aussi le partager avec vous, au-delà de nos fraises si délicieuses au demeurant.

À très bientôt pour visiter sur place, pour entendre la vie de la nature.

Bienvenue à « l’Usine »…

Même si ça peut paraître un peu rude comme appellation, nous avons notre « Usine » désormais, mais une usine pour le naturel bien sûr.

Notre usine sera celle des semis, des boutures, des transplants ou autres joyeusetés du genre, toutes en rapport avec ce que nous allons cultiver à partir de maintenant (ou presque).

Cette usine nous permettra donc de lancer nos semis en toute saison, elle nous permettra de faire nos boutures et de les garder « au chaud » en attendant la transplantation, mais aussi de cultiver pour avoir une saison plus longue, avec des fruits et légumes que nous aimons. Car nous pensons que nous ne cultivons bien que ce que nous aimons, et encore plus ce que nous aimons manger.

Cette usine est entourée de « bacs » de construction maison, certains de 3m de long, certains de moins de 2m et d’autres de 1m. Nous voulons avoir une  diversité la plus riche possible tout autour, autant qu’à l’intérieur.

Vue d'ensemble, nous sommes devant l'entrée de l'Usine
Vue d’ensemble, nous sommes devant l’entrée de l’Usine
Sur le côté gauche, les bacs de différentes longueurs posés pour tenir la bâche
Sur le côté gauche, les bacs de différentes longueurs posés pour tenir la bâche
Les bacs sont occupés par des pieds de fraises protégés par des aiguilles de pin
Les bacs sont occupés par des pieds de fraises protégés par des aiguilles de pin
Côté droit, petit bac tenant la bâche avant, et la suite de bacs pour tenir la bâche de toit
Côté droit, petit bac tenant la bâche avant, et la suite de bacs pour tenir la bâche de toit
De la même manière, des pieds de fraises dans les bacs
De la même manière, des pieds de fraises dans les bacs

L’intérieur est composé d’emplacement de semis accueillant soit nos « auges », soit nos pots. Il y aura aussi des cultures au printemps prochain, avec des bacs bois permettant un espace suffisant pour y mettre par exemple des tomates.

Vue d'ensemble de l'intérieur de l'Usine
Vue d’ensemble de l’intérieur de l’Usine
1ère partie du bac central, carottes, radis, fèves...
1ère partie du bac central, carottes, radis, fèves…
2ème partie, la même chose, avec sur le chevron bois, une chayotte qui a décidé de partir plus tôt et un fenouil...
2ème partie, la même chose, avec sur le chevron bois, une chayotte qui a décidé de partir plus tôt et un fenouil…
Côté gauche (Sud), nous avons dans la 1ère partie du bac des pois et des carottes
Côté gauche (Sud), nous avons dans la 1ère partie du bac des pois et des carottes
2ème partie, même chose
2ème partie, même chose
Côté droit (Nord), nous avons des pois et de la mâche
Côté droit (Nord), nous avons des pois et de la mâche
2ème partie, nous avons (ou avions) des fèves et de la salade (les fèves ont subi une petite attaque d'un assaillant inconnu à ce jour)
2ème partie, nous avons (ou avions) des fèves et de la salade (les fèves ont subi une petite attaque d’un assaillant inconnu à ce jour)
Second bac central
Second bac central
1ère partie, fèves et salades
1ère partie, fèves et salades
2ème partie, pois et mâche
2ème partie, pois et mâche
Ce bac n'est pas encore en activité, il sert pour l'instant d'accueil pour les auges contenant les pots de nos boutures et plants
Ce bac n’est pas encore en activité, il sert pour l’instant d’accueil pour les auges contenant les pots de nos boutures et plants
Encore des boutures et des plants divers et variés sur le côté Nord
Encore des boutures et des plants divers et variés sur le côté Nord
Vue sur l'entrée, ici nous avons de la capucine tubéreuse, des groseilliers à maquereau et des sauges ananas
Vue sur l’entrée, ici nous avons de la capucine tubéreuse, des groseilliers à maquereau et des sauges ananas
En fleur les sauges ananas
En fleur les sauges ananas
Et finalement quelques boutures d'armoise camphrée et cotonéaster
Et finalement quelques boutures d’armoise camphrée et cotonéaster

Nous avons beaucoup travaillé pour l’usine depuis début Août, sous le soleil et la chaleur et comme en ce moment encore à l’aménagement intérieur.

Notre usine fait 10m de long sur 3m de large, nous avons désormais 6 bacs bois de différentes tailles à l’intérieur et 10 bacs bois à l’extérieur qui tiennent la bâche.

Il a fallu retourner la terre une première fois, puis après évacuation de la première couche, pour nous assurer le bon niveau horizontal, recommencer une seconde fois puis mettre cette seconde couche de terre en tas. Nous avons ensuite construit la structure avant d’y mettre les premiers bacs et les remplir de terre à moitié.

Nous avons ensuite construit les bacs extérieurs.

La bâche a été montée, nous avons ainsi pu placer les bacs extérieurs pour qu’ils bloquent la bâche à l’extérieur.

La bâche montée, nous avons pu monter les bacs intérieurs et au fur et à mesure les remplir de terre afin de libérer l’espace pour y mettre soit d’autres bacs, soit des tréteaux accueillant les planches sur lesquelles nous ferons les semis dans nos auges ou pots.

Les derniers bacs se remplissent alors de la terre de la première couche retirée en Août. Ils seront tous remplis quasiment jusqu’en haut. Nous avons prévu pour ceux à l’extérieur la possibilité d’accueillir des filets anti-oiseaux (parce que nous sommes partageurs mais il y a tout de même des limites) et des voiles d’hivernage (protection du gel des fleurs en début de saison, comme par exemple pour des fleurs de fraises).

Nos douleurs sont à la hauteur de la tâche que nous avons menée pour l’usine, et pour tout le reste depuis le début de cette année 2016, mais nous en sommes assez fiers au vu des résultats, en particulier pour l’usine.

Elle est maintenant protégée des vents parfois violents tout ceci grâce à un filet brise-vent tout autour, et il nous reste à planter des arbustes ou arbres pour former une haie protectrice à terme (horizon 2 à 3 ans pour les arbustes, 5 à 7 ans pour les arbres).

Vue sur l'Usine, avec le brise-vent monté en protection
Vue sur l’Usine, avec le brise-vent monté en protection

Le projet usine se termine car il entre en production, l’usine des Permafraises est née, longue vie à elle…

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